Interview parue dans Le Standaard Weekblad
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La traduction de mon interview pour un journal flamand, publiée le 3 octobre 2020 suit.
« Dois-je mettre une robe sénégalaise ? Ou des hauts talons ? J'adore poser, j'étais mannequin. Connaissez-vous Katoucha, l'une des premières mannequins noires, l'égérie d'Yves Saint Laurent ? C'était ma marraine. »
« Je suis venue vivre dans cet appartement parce que je ne voulais pas me compliquer la vie plus que nécessaire. L'appartement était déjà meublé et c'était pour une courte durée, mais j'y habite depuis huit ans maintenant. Mon restaurant est au coin de la rue. Je n'ai pas de voiture, je n'utilise pas les transports en commun et je ne sais même pas comment me rendre de Matonge à la Grand-Place. Je me sens en sécurité dans ce quartier. C'est comme l'Afrique, mais sans la pression sociale permanente, surtout pour les femmes. »
« Ce n'était pas mon intention de vivre à Bruxelles. Je suis venue me ressourcer chez un ami après que le grand amour pour qui j'avais déménagé en Italie s'est éteint. Je ne pouvais pas retourner dans ma famille : j'étais dans un état où je ne pouvais pas me montrer, maigre et épuisée. »
« Je vois mon restaurant comme un projet social. Prenez les anciens du quartier : ce sont mes hommes et mes grands-pères en même temps. Compagnie, attention, conversations, rires… voilà le secret d'une longue vie. Si vous isolez les personnes âgées, vous leur enlevez toute raison de vivre. »
« Les bénéfices que je réalise avec La Signare, je les réinvestis dans mon organisation à but non lucratif, Tampons pour toutes les femmes. Je veux améliorer la vie des femmes en Afrique, en particulier dans les prisons. »
« Quand j'avais treize ans, je suis allée vivre le temps d'un été chez mon oncle, qui était régisseur d'une prison. Les détenus travaillaient souvent dans sa maison. Un jour, j'ai demandé à une femme comment elle gérait ses règles en prison. Les mots se sont coincés dans sa gorge. J'ai vu la honte, la douleur. Depuis, j'achète des serviettes hygiéniques que j'envoie aux femmes incarcérées. »
« Actuellement, nous construisons une crèche dans la prison pour femmes de Dakar. Les enfants ne doivent pas passer tout leur temps dans une cellule avec leur mère ; ils doivent pouvoir jouer dans un environnement joyeux. Pendant ce temps, leurs mères peuvent travailler dans l'atelier de couture. Avoir une activité est essentiel, surtout en prison, pour ne pas se perdre. »